Jeunesse

Chronique : Kill the Indian in the child -Élise Fontenaille

D’après une histoire vraie.
Comme tous les jeunes Indiens, Mukwa, 11 ans, est arraché à sa famille et envoyé à Sainte Cécilia, un pensionnat canadien. Pour tout apprentissage, le jeune Ojibwé découvre l’humiliation, la privation de nourriture, les mauvais traitements… Car le mot d’ordre est Kill the Indian in the child : éliminer l’Indien dans l’enfant, lui faire oublier sa culture, sa religion, ses origines.
Mais Mukwa se rebelle, décide de fuir et de rejoindre son père trappeur, dans la forêt…


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Editeur : Oskar Editeur 
Date du parution : 28 septembre 2017

 

Je remercie Babelio pour m’avoir permis de recevoir ce livre dans le cadre de la masse critique.

Lorsque j’ai vu ce titre sur le catalogue Babelio, j’ai tout de suite été attirée par son résumé. Comme à mon habitude, je n’ai pas cherché à en savoir plus, et j’ai demandé à le recevoir. Lorsque j’ai été sélectionnée, j’ai été très heureuse de pouvoir découvrir ce livre et après réception, j’ai été surprise de voir que ce roman est en fait très court puisqu’il fait moins de 100 pages. J’ai alors eu peur de ne pas accrocher, étant peu – ou pas du tout même –habituée à lire des romans si courts.  Au final, en quelques pages, l’auteure arrive à nous percuter de plein fouet avec la force des évènements qu’elle narre.

Kill the indian in the child est un roman tiré d’une histoire vraie, celle d’Indiens envoyés en pensionnat canadien où ils ont vécu les pires horreurs et les pires sévices. Je dois avouer que j’étais plutôt ignorante de cette partie de l’histoire, et cela m’a fait un vrai choc de constater dans la postface que tout cela avait vraiment eu lieu.

Dans cette histoire, on suit Mukwa, un jeune indien de 11 ans qui quitte son père pour être envoyé à Sainte-Cécilia, un pensionnat religieux canadien, afin d’apprendre à lire, écrire, parler anglais. Toutefois, son père est loin de se douter que derrière les portes de cette institution, son fils va vivre un réel enfer. Là-bas, le quotidien est rythmé par les coups, l’humiliation, la privation de nourriture, les attouchements, les abus… Les enfants y sont maltraités, subissant à longueur de journée les cris, les insultes. Tout est organisé pour complètement annihiler l’identité de ces indiens ce qui se résume bien par le maître mot de l’histoire : Kill the indian in the child.

Rapidement, Mukwa va faire la connaissance d’un autre Indien, Ahmik, qui va rapidement lui souffler l’idée qu’il faut fuir, avant qu’il ne soit trop tard. Mukwa va donc être guidé par cette idée, voulant à tout prix rejoindre et retrouver son père.

Sans vous en dire plus, je peux vous assurer que cette histoire, aussi brève soit-elle, est aussi très intense. Je l’ai lue en moins d’une heure, mais je crois honnêtement avoir retenu mon souffle pendant toute ma lecture. Les mots d’Elise Fontenaille sont percutants, horrifiants, et on a parfois du mal à croire que de telles horreurs aient pu être commises. A certains moments, je me suis demandée si l’auteure n’exagérait pas ses propos. Et pourtant non, tout ce qui est raconté dans ce livre est fidèle à la réalité.

La lecture de ce roman a été pour moi très troublante, révoltante. J’ai trouvé que l’écriture était très dure mais aussi très belle, d’une certaine façon. La fin m’a chamboulée, m’a fendu le cœur. On ne peut qu’être sidéré face à de telles atrocités qui font pourtant partie de notre histoire.

Kill the Indien in the child est un roman court mais qui ne laisse pas indemne, c’est certain. C’est un roman douloureux mais je pense qu’il est nécessaire de faire connaître ces histoires et de donner une voix à ces enfants oubliés, à ces Indiens qu’on a un jour tenté de tuer.

Un livre à conseiller à tous, avec un avertissement tout de même puisque ce qui y est décrit est choquant, parfois à la limite du soutenable. Dans tous les cas, le pari est relevé pour Elise Fontenaille qui m’a beaucoup fait réfléchir avec ce petit livre.

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« Dans les wagons de troisième classe destinés aux enfants indiens, tout le monde pleurait.
Même chose sur les quais, puis tout le long du trajet.
Railway of tears…
Jamais train n’avait aussi bien porté son nom. »

Avez-vous lu ce livre ? D’autres lectures du genre à me conseiller ?

 

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