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Chronique : Les yeux de Sophie – Jojo Moyes

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Titre : Les yeux de Sophie
Auteur : Jojo Moyes
Editions : Milady
Paru le : 20 octobre 2017
Nombre de pages : 500
Genre : Contemporain

Résumé : Paris, 1916. Sophie Lefèvre doit prendre soin de sa famille alors que son mari part pour le front. Quand la ville tombe entre les mains de l’armée allemande, au milieu de la Première Guerre mondiale, Sophie est contrainte de faire le service tous les soirs à l’hôtel où réside la Wehrmacht. À l’instant où le nouveau commandant découvre le portrait qu’Édouard a fait de sa femme, cette image l’obsède. Une dangereuse obsession qui menace la réputation, la famille et la vie de Sophie, et va la conduire à prendre une terrible décision.

Un siècle plus tard, à Londres, Liv Halston reçoit ce portrait en cadeau de la part de son mari avant de recueillir son dernier soupir. Sa vie est bouleversée de plus belle lorsqu’une rencontre fortuite lui permet de découvrir la véritable histoire de ce tableau.

MON AVIS

Je remercie tout d’abord les éditions Milady qui m’ont permis de lire ce roman via la plateforme Netgalley.

Jojo Moyes est évidemment une auteure dont j’avais beaucoup entendu parler notamment à travers son best-seller Avant toi mais je n’avais lu aucun de ses titres avant Les yeux de Sophie. Lorsque j’ai parcouru le catalogue Netgalley, mon oeil a tout de suite été attiré par cette couverture que je trouve très jolie, avec des couleurs qui m’ont fait penser à l’automne ce qui m’a donc donné envie d’en savoir plus. En regardant rapidement le résumé, je me suis rendue compte que ce livre avait tout pour me plaire : Première guerre mondiale, France, histoire de famille… Je n’ai donc pas hésité longtemps avant de me plonger dans cette lecture ! 

Ce roman est divisé en deux parties, deux histoires qui se rejoignent. Dans la première, on se retrouve plongé au coeur de l’histoire, en 1917, dans un petit village du Nord de la France, sous l’occupation allemande. Ici, on fait la rencontre de Sophie, une jeune femme qui tient avec sa soeur Hélène un hôtel dénommé Le Coq Rouge. Ces deux jeunes femmes ont vu leurs maris respectifs partir sur le front et très vite, on va se rendre compte que Sophie est une femme extrêmement forte. J’ai eu un immense coup de coeur pour cette héroïne à laquelle je me suis profondément attachée. Il faut dire qu’elle représente tout ce que j’aime retrouver chez une héroïne de roman : courageuse, intelligente, un brin intrépide. Il est à mon sens difficile de ne pas l’apprécier. Malgré le chagrin qu’elle ressent à l’idée de peut-être ne jamais revoir son mari, Edouard, son amour la rend plus forte et la guide pour mener tant bien que mal cette vie en temps de guerre. J’ai aimé la façon qu’a l’auteur de décrire le lien d’amour qui existe entre ces deux personnes, sans pour autant tomber dans quelque chose de niais à souhait. C’est un amour simple, pur, sincère. Chaque jour, on sent que Sophie agit guidée par cet amour. Chacune de ses décisions est prise par amour. Même si certains choix qu’elle fait peuvent nous désarçonner et peuvent être difficiles à comprendre, j’ai trouvé qu’ils étaient parfaitement bien amené si bien qu’en tant que lectrice, j’ai réussi à me mettre à la place de la jeune femme, et à la comprendre. Comprendre ses motivations. Comprendre ses choix. C’est quelque chose que j’apprécie et que je retrouve trop peu souvent dans des romans : réussir à comprendre la psychologie d’un personnage et arriver à me mettre dans sa peau à tel point que je me mets à ressentir ses émotions.

A ce niveau, j’ai trouvé le roman rondement bien mené. Je n’ai eu aucune difficulté, durant cette première partie, à imaginer la vie de ce petit village pris sous le coup des allemands. J’ai aimé suivre le quotidien des différents personnages, qu’ils soient occupés ou occupants. L’auteure a très bien illustré le fait qu’à l’époque, il n’en fallait pas beaucoup pour que les suspicions s’élèvent, pour qu’une réputation soit ruinée suite aux rumeurs de collaboration. De même, Jojo Moyes a parfaitement retranscrit le climat général qu’il régnait à cette époque, la peur, l’insécurité, la violence… 

Dans cette même partie, on va aussi suivre l’histoire du côté allemand, avec le Kommandant, un homme imposant, instruit, autoritaire. J’ai aimé l’alchimie qui s’est progressivement opérée entre Sophie et cet homme, sans que cela ne soit trop rapide, trop tiré par les cheveux. J’ai énormément apprécié les rapports qu’ils ont pu avoir. L’auteure m’a fait oublier qui était supposé être l’ennemi, pour me faire comprendre qu’au final, ce sont tous des Hommes, avec des sensibilités, des passions, des sentiments. J’ai aussi beaucoup aimé la psychologie de ce personnage, que j’aurais peut-être aimer voir un peu plus développée car il m’a beaucoup intriguée.

Et puis, le coeur de l’histoire m’a aussi beaucoup plu. Les yeux de Sophie, c’est en fait un tableau, un portrait de Sophie réalisé par son mari artiste, et qui fait le lien entre les deux parties de l’histoire. C’est avec ce tableau que la vie de Sophie va être bouleversée, et c’est aussi ce tableau qui va, des années plus tard, créer d’importants troubles dans la vie d’une autre jeune femme, à Londres

C’est ainsi que l’on arrive dans la deuxième partie de l’histoire, où l’on rencontre Liv, une jeune femme torturée qui n’a franchement pas été gâtée par la vie. Un jour, sa vie va prendre un tournant inattendu à cause (ou grâce?) au tableau Les yeux de Sophie. Lorsque Liv se retrouve dans une affaire de restitution d’oeuvres d’art volées par les allemands durant la guerre, elle va tout faire pour comprendre ce qui a bien pu se passer en 1917 et pourquoi, aujourd’hui, on lui réclame un tableau que son défunt mari lui a offert lors d’un séjour en Espagne et qui représente, aujourd’hui, tout ce qui lui reste. Même si j’ai un peu moins accroché avec le personnage de Liv, j’ai par contre adoré la quête qui se met en place dans la seconde partie du roman, et j’ai vraiment beaucoup accroché à l’histoire, ayant vraiment eu envie de savoir ce qu’il était advenu de Sophie après qu’on l’ait quittée en 1917, et quelle était l’histoire que cachait finalement ce tableau.

Sans vous en dire plus sur l’histoire en elle-même, je peux vous assurer qu’elle vaut le détour. J’ai réellement été conquise par l’intrigue du début à la fin, et par la plume de Jojo Moyes. En début de lecture, j’ai eu un peu peur de retrouver le côté un peu bateau des romans qui traitent d’un sujet comme la Première guerre mondiale, et au final j’ai été agréablement surprise. L’histoire m’a beaucoup touchée et je l’ai trouvée très bien ficelée. Les personnages sont attachants, très bien construits. Le côté enquête de la deuxième partie était vraiment très prenant, alternant les moments de l’histoire entre le monde actuel et celui de Sophie des années en arrière. J’ai aimé l’alternance des points de vue et des époques ce qui permettait d’avancer petit à petit dans l’histoire et d’en comprendre l’issue. Même si certaines révélations étaient prévisibles à mon goût, je n’en reste pas moins bouleversée par la beauté de ce roman, sa dureté parfois. J’ai ressenti une multitude d’émotions au fil des pages, et c’est ce qui est pour moi le plus beau dans la lecture. Le pari est amplement réussi pour Jojo Moyes, et je ne peux que vous conseiller de vous plonger à votre tour dans cette sublime histoire dès sa sortie !

EN BREF

J’ai aimé : La façon dont l’auteure a traité le sujet de la Première guerre mondiale, la construction des personnages, l’héroïne.

J’ai moins aimé : J’ai été un peu moins emballée par l’héroïne de la seconde partie.

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« J’examinai le portrait, et, pendant un bref instant, je me souvins de ce que cela faisait d’être cette fille qui ne connaissait ni la faim ni la peur, habitée seulement par des pensées légères, comme de savoir à quel moment elle retrouverait son mari. Elle me rappelait que le monde était capable de beauté, et qu’avant la guerre mon univers ne se réduisait pas à la peur, la soupe d’orties et les couvre-feux : il débordait d’art, de joie, d’amour. Je le vis dans l’expression que j’arborais. Alors je compris ce que je venais de faire. Edouard m’avait rappelé ma force et mon courage, je pouvais m’en servir pour me battre. 

Quand tu rentreras, Edouard, je jure de redevenir la fille que tu as peinte. »

« Je pense à toi jour et nuit. Tu es mon étoile Polaire dans ce monde insensé. »

« Ce qui est fait ne peut être défait. »


Envie de lire ce livre ? Des romans du même style à me conseiller ? 🙂
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3 commentaires

  • estwinch

    Je ne pense pas que je me dirigerai vers ce roman, je n’aime pas quand ça parle de guerre ou que ça se passe dans ce contexte. Par contre, je te conseille pluuuuus que vivement de lire Avant toi ! Jojo Moyes a écrit une réelle pépite. Tout ce que tu as aimé dans Les yeux de Sophie, tu vas le retrouver dans Avant toi (le sujet changeant évidemment). Cette autrice a énormément de talent.

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